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Débat Jacob Rogozinski / Benoît Chantre Librairie Générale à Vincennes

le vendredi 27 octobre 2017

à 19h30

Librairie Générale
91 rue de Fontenay - Vincennes | 01 43 28 04 15

Jacob Rogozinski et Benoît Chantre

Rencontre et conversation avec le philosophe Jacob Rogozinski qui publie "Djihadisme : le retour du sacrifice" aux éditions Desclée De Brouwer et l’écrivain et éditeur Benoît Chantre pour "Les derniers jours de René Girard" chez Grasset.
> > La rencontre sera animée par Adrian Navigante, directeur de recherche à la Fondation Inde-Europe de Nouveaux Dialogues (FIND)

Présentation :
Quel est cet ennemi qui nous attaque à la terrasse des cafés, dans une école, une salle de concert, une promenade ou une église ?
Un philosophe répond ici à cette question. Il montre que les notions de « terrorisme » ou de « radicalisation » nous empêchent de penser la terreur djihadiste. Il se demande où ce dispositif puise sa force d’attraction, dans quel contexte historique et social il est apparu, s’il est l’indice d’un « retour du religieux » et quelle relation il entretient avec la religion musulmane. Car le djihadisme a tout à voir avec l’islam, mais il n’est pas la vérité de cette religion : en voulant la réaffirmer, il la retourne contre elle-même.
Certains aspects de l’islam apparaissent alors au grand jour : son utopie émancipatrice, sa conception du pouvoir politique, sa dimension messianique et la rivalité qui l’oppose aux deux autres religions abrahamiques. Nous découvrons des « trésors perdus » de cette tradition. Ils pourraient nous aider à combattre la cruauté archaïque que les religions cherchent à contenir et qui fait aujourd’hui retour avec les martyrs-meurtriers du djihad.

Jacob Rogozinski est philosophe et professeur à l’Université de Strasbourg. Il est notamment l’auteur de "Le Moi et la chair" (2006) et de "Ils m’ont haï sans raison - De la chasse aux sorcières à la Terreur" (2015).

"Les derniers jours de René Girard"

René Girard avait écrit en 1972 : « La violence essentielle revient sur nous de façon spectaculaire, non seulement sur le plan de l’histoire, mais sur le plan du savoir. » Il s’est éteint dans la semaine qui a précédé les attentats du 13 novembre 2015. Il n’avait rien d’un prophète de malheur. Sa pensée donne forme et sens à notre avenir. Nous devons réentendre sa voix.
Il m’a fallu répondre au choc de deux événements conjoints : la mort d’un maître et d’un ami, et les horreurs parisiennes. Ces réalités constituent une énigme où se confrontent l’invisible et le monstrueux, la violence et le secret, l’élégance et l’obscénité. Elles m’ont forcé à évoquer les « derniers jours » : ceux de René Girard et la fin des temps qu’il pensa dans son œuvre. 
Mais beaucoup se sont mépris sur son pessimisme. L’annonce d’un démembrement du monde révélait moins la mélancolie d’un romantique que la joie du Royaume entrevu un soir d’été en Avignon ou dans le silence parfumé de Stanford. J’ai voulu rendre présent ce penseur apocalyptique qui fut drôle et discret, dont l’espérance était profonde. 
Ce livre raconte une amitié. Il présente l’œuvre de Girard dans la lumière rétrospective que constitue sa fin. C’est au « jour de colère » que se fait entendre la parole. La sienne et celle des textes qu’il sut génialement interpréter : les Évangiles, Shakespeare, Stendhal ou Proust garderont longtemps pour moi l’accent du Midi.